Abdallah ABBAHAH, prisonnier politique sahraoui fait l’objet d’une enquête

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PUSL.- Selon des informations provenant de la famille d’Abdallah ABBAHAH, le prisonnier du groupe Gdeim Izik, il fait l’objet d’une enquête ordonnée par le procureur du roi.

En effet, ABBAHAH a été convoqué mardi 10 mars dernier, suite à une plainte du directeur de la prison de Tilfet2, où il est actuellement détenu.
En l’absence de toute convocation, il n’a pas été autorisé à être entendu avec son avocat.

L’accusation portée contre ABBAHAH est qu’il n’aurait pas respecté le règlement intérieur de la prison, y compris la soumission à des rendez-vous médicaux.

Cette enquête s’est déroulée à l’insu de l’avocate française du détenu, Maître Olfa OULED, et sans qu’ABBAHAH lui-même en soit informé.

L’accusation est portée peu de temps après que Maître OULED ait, début février, informé le Rapporteur sur les représailles du Comité des Nations Unies contre la torture (CAT) des représailles médicales auxquelles son client devait faire face. Sa lettre a été transmise aux autorités marocaines début mars.

Dans sa dernière lettre à Madame la Rapporteur, Maître OULED a rappelé qu’aucune des mesures provisoires édictées par le Comité et visant à préserver la vie de M.ABBAHAH n’ont été respectées.. Pire, après que Maître OULED ait informé le CAT il y a quelques mois de ce que dernier n’avait bénéficié d’aucun soins médicaux et qu’il n’avait pas reçu les résultats de ses analyses de sang, le directeur de la prison lui a dit qu’il pourrait avoir un médecin seulement s’il payait.

M. ABBAHAH est ainsi soumis à une énorme pression psychologique et à des représailles constantes de la part des autorités marocaines, suite à sa saisine du Comité.

Maître OULED a non seulement informé le Comité contre la torture où elle a déposé plusieurs communications relatives aux prisonniers politiques du groupe Gdeim Izik mais a régulièrement déposé des plaintes auprès des procureurs compétents et de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) quant aux négligences médicales et aux mauvais traitements subis par ce groupe de détenus.

Dans le cas de M. ABBAHAH, le CAT a notamment demandé au Royaume du Maroc ,et ce, à titre provisoire, de lui garantir l’accès à un médecin de son choix, mais les autorités marocaines n’autorisent pas son médecin à lui rendre visite.

Contacté par PUSL, Maitre OULED a dit qu’elle ne savait pas en vertu de quelle loi cette enquête avait été ouverte et a confirmé qu’elle n’était informée d’aucun procédure en cours, comme cela devrait être le cas.

Abdallah ABBAHAH a nié toutes les charges retenues lors de son audition et a de nouveau dénoncé les mauvais traitements subis et les violations de ses droits les plus fondamentaux. Il a déclaré que ces violations sont systématiques et délibérées et qu’au cours des années, il avait déposé plusieurs plaintes auprès de la DGAPR dont il a des copies avec leurs numéros d’enregistrement. Il a demandé une nouvelle fois qu’on lui donne les résultats des tests sanguins effectués en prison il y a plus de 4 mois.

Maître OULED a rappelé que l’ensemble des communications déposées auprès du CAT avait conduit ce dernier à édicter des mesures urgentes que le Royaume du Maroc n’a toujours pas respectées, notamment la libération provisoire ou encore la cessation immédiate de toutes les formes de mauvais traitements et l’assistance médicale.

Elle a dit qu’elle n’avait aucun doute sur le fait que son client accepterait de voir un médecin même si ce dernier devait être payé comme les autorités marocaines l’avaient demandé à ABBAHAH en octobre dernier. Elle a précisé que même si M. ABBAHAH devait voir un médecin qu’il n’avait pas choisi, il le ferait parce que son état de santé est extrêmement préoccupant.