La diaspora sahraouie appelle le CICR à remplir ses obligations envers le peuple sahraoui

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S.E. Peter Maurer, Président de la Croix-Rouge Internationale,

À la lumière de la fin de l’accord de cessez-le-feu etsuite à l’attaque marocaine contre la population civile Sahraouie en dehors de la zone contrôlée par le Maroc, nous voulons attirer votre attention sur le besoin urgent d’une action du CICR concernant les territoires occupés du Sahara Occidental et les prisonniers politiques Sahraouis dans les prisons marocaines. Le CICR ne peut plus éviter de remplir ses obligations afin de protéger la population civile Sahraouie.

Monsieur le Président, le CICR déclare que son mandat comprend la protection humanitaire et l’assistance aux victimes de conflits armés et d’autres situations de violence et qu’il prend des mesures en réponse aux situations d’urgence et en même temps promeut le respect du droit international humanitaire et sa mise en œuvre dans le droit national.

La situation vécue par les Sahraouis est extrêmement préoccupante, en particulier ceux qui vivent sous occupation marocaine.

Bien que les violations des droits de l’homme au Sahara Occidental occupé se poursuivent depuis 1975, y compris les crimes de guerre commis par le Royaume du Maroc, qui ne se sont pas arrêtés avec l’accord de cessez-le-feu en 1991, le CICR n’a pas assisté les victimes sahraouies.

Depuis la fin du cessez-le-feu, les forces d’occupation marocaines ont multiplié les violations des droits de l’homme par leur présence militaire, paramilitaire et milice. Des maisons sont pillées, des hommes, des femmes et des enfants enlevés, détenus et torturés. Des quartiers entiers sont transformés en ghettos sous surveillance constante.

La pandémie COVID est à son plus haut, car des dizaines de décès ont été signalés en seulement quelques jours. La population sahraouie n’a pas accès à des soins adéquats et les quelques hôpitaux des territoires occupés ne sont pas équipés du minimum nécessaire aux traitements. Alors que les colons marocains peuvent accéder à l’hôpital marocain en dehors du Sahara occidental, la population sahraouie victime d’un appauvrissement forcé et assiégée ne le peut pas.

Le refus du personnel médical marocain de traiter les Sahraouis est contraire au serment d’Hippocrate qu’il a prêté et montre l’ampleur des mauvais traitements et des discriminations dont souffre la population sahraouie sous l’occupation.

En ce qui concerne les Sahraouis emprisonnés, le Comité international de la Croix-Rouge a été informé à plusieurs reprises de cas de négligence médicale, de torture, de mauvais traitements et d’isolement prolongé et a été invité à leur rendre visite dans les prisons. À ce jour, le Comité international de la Croix-Rouge n’a fait aucune tentative pour leur rendre visite en raison de “l’interdiction marocaine”.

Nous soulignons ici le sort des prisonniers politiques sahraouis du groupe GdeimIzik qui ont été victimes de représailles, comme l’a mentionné Anna Rako, le rapporteur du Comité des Nations Unies contre la torture en 2019.

Monsieur le Président, les quatre Conventions de Genève et le Protocole additionnel confèrent au CICR un mandat spécifique pour agir en cas de conflit armé international. En particulier, le CICR a le droit de visiter les prisonniers de guerre et les internés civils. Les conventions confèrent également au CICR un large droit d’initiative.

Dans les conflits armés non internationaux, le CICR jouit d’un droit d’initiative humanitaire reconnu par la communauté internationale et consacré par l’article 3 commun aux quatre Conventions de Genève.

En cas de troubles et de tensions internes, et dans toute autre situation justifiant une action humanitaire, le CICR bénéficie également d’un droit d’initiative, reconnu dans les statuts du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Ainsi, partout où le droit international humanitaire ne s’applique pas, le CICR peut offrir ses services aux gouvernements sans que cette offre ne constitue une ingérence dans les affaires intérieures de l’État concerné.

Monsieur le Président, Nous exhortons le Comité international de la Croix-Rouge à agir conformément à son mandat et à envoyer d’urgence une mission dans les territoires occupés du Sahara Occidental pour visiter tous les prisonniers politiques sahraouis actuellement détenus dans les prisons marocaines.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.

Madrid, 08 Décembre 2020

Diaspora Sahraouie

Email :comunidadrasd@yahoo.es