Le prisonnier politique sahraouie Haddi en grève de la faim depuis 44 jours menacé de mort par le directeur de la prison

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PUSL.- M. HADDI, prisonnier politique sahraoui du groupe Gdeim Izik est aujourd’hui dans sa 44e journée de grève de la faim qu’il a entamée le 13 janvier dernier à la prison de Tifet2 au Maroc.

Aujourd’hui, la famille de M. HADDI, lors d’un bref appel téléphonique, a été informée par le prisonnier politique que le directeur de la prison était venu dans sa cellule accompagné de 5 membres du personnel et lui avait dit: «Personne ne connaît votre situation et personne ne sait que vous entamez une grève de la faim. Vous devez donc cesser cette grève de la faim ou vous mourrez ici, nous savons comment nous en occuper ».

M. Haddi qui exigeait un transfert dans une prison plus proche de sa famille et la cessation des mauvais traitements continus et de l’isolement prolongé a changé ses demandes après la déclaration du directeur de la prison.

M. Haddi va maintenant poursuivre sa grève de la faim jusqu’à la mort ou la libération de tous les prisonniers du groupe Gdeim Izik.

La famille lance un appel urgent afin que son avocate Maître OULED et les organisations internationales puissent le visiter à la prison de Tiflet2.

Son avocate Maitre Olfa OULED a été expulsée du Maroc et n’a jusqu’à présent pas été autorisée à rendre visite à ses clients malgré de multiples demandes.

Aucune organisation internationale, à savoir le Comité international de la Croix-Rouge, n’a jamais rendu visite aux prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik, ni Amnesty International ni Human Rights Watch.

Le Maroc n’a jusqu’à présent pas non plus tenu compte de l’avis émis par le Groupe de travail sur la détention arbitraire en 2013 (https://www.ohchr.org/en/hrbodies/hrc/regularsessions/session27/documents/a-hrc-27-48 -add5_en. doc) ni les mesures intérimaires prises par le Comité contre la torture concernant ce groupe.

M. HADDI est proche de la mort et l’affirmation selon laquelle la prison n’était pas au courant de sa grève de la faim est un mensonge, comme le démontre les faits ci-dessous:

M.HADDI ne bénéficie d’aucune assistance médicale depuis le début de de sa grève de la faim, en dépit de l’information adressée aux autorités marocaines à ce sujet, et en dernier lieu, par son avocate Maître Olfa OULED qui a adressé une plainte au procureur du Roi le 16 janvier dernier, avec copie à la DGAPR (Délégation générale marocaine du Administration pénitentiaire et de réinsertion) et le CNDH (Conseil national marocain des droits de l’homme) qui fait également office de «mécanisme national de prévention de la torture» et le ministère marocain de la Justice.

La plainte adressée par Maître OULED au procureur de Khemisset pour demander une enquête et le respect de la loi notamment s’agissant d’un détenu en grève de la faim a également été adressée au directeur de la prison de Tiflet. Le parquet a reçu la plainte le 2 février selon l’accusé de réception qui a été retourné à Maître OULED par les services postaux.

Le 19 janvier, M. HADDI a reçu la visite d’un représentant de la DGAPR auquel le prisonnier a indiqué qu’il refuserait d’arrêter la grève de la faim, et ce, jusqu’à ce qu’il soit transféré dans une autre prison et plus proche de sa famille.

Le 8 février, M. HADDI a reçu la visite dans l’après-midi d’une infirmière de la prison.

L’infirmière a commencé à menacer M. Haddi en disant que s’il n’arrêtait pas la grève de la faim, il serait envoyé dans la cellule d’isolement / punition «Kacho» bien que M. Haddi soit en isolement cellulaire prolongé depuis 2017. Le «Kacho» est à craindre par tous les détenus des prisons marocaines, car il s’agit d’un minuscule espace sans ventilation qui ressemble à une boîte ou à un cercueil.

La menace s’est transformée en menace de mort lorsque l’infirmière a ajouté que si M. HADDI n’arrêtait pas sa grève de la faim, l’administration pénitentiaire ne lui permettra pas d’avoir de l’eau et de retirer les bouteilles d’eau qu’il avait dans sa cellule.

En outre, l’infirmière a déclaré que la prison n’était pas au courant de la grève de la faim et que M. HADDI devrait demander une «rencontre» avec l’administration pénitentiaire de Tiflet2 pour les informer et demander par conséquent un rendez-vous chez le médecin.

En février, les informations concernant la grève de la faim de M. HADDI ont également été transmises à la représentation marocaine à Genève par le Comité des Nations Unies contre la torture.